16 jours d'activisme : Lutter contre la violence numérique à l’égard des femmes
UPR Info a participé cette année à la campagne des « 16 jours d'activisme » contre la violence basée sur le genre, rejoignant des organisations et des défenseur·ses des droits à travers le monde pour appeler à une action renforcée visant à mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles.
Se déroulant chaque année entre la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (25 novembre) et la Journée internationale des droits de l’homme (10 décembre), la campagne de cette année était consacrée à la lutte contre la violence numérique à l’encontre des femmes et des filles.
Tout au long de la campagne, UPR Info a mis en lumière la manière dont l’Examen périodique universel (EPU) aborde la violence numérique fondée sur le genre et comment les États peuvent utiliser ce mécanisme plus efficacement à l’avenir.
Notre analyse des recommandations passées de l’EPU a montré que la violence numérique fondée sur le genre a reçu très peu d’attention spécifique. Alors que 1 960 recommandations traitent de questions liées à la violence numérique, seules 47 mentionnent explicitement les femmes et les filles — soit à peine 2,4 %.
Dans le cadre de la campagne, UPR Info a également présenté des exemples de bonnes pratiques de pays ayant participé à l’EPU, tant en recevant qu’en formulant des recommandations visant à éliminer la violence fondée sur le genre en ligne.
Parmi ceux-ci, le Royaume-Uni, la République de Corée et le Chili étaient au cœur de notre analyse. Chacun de ces pays a reçu au moins une recommandation dans le cadre de l’EPU et a adopté des politiques pour lutter contre la violence numérique à l’égard des femmes et des filles. La République de Corée est le pays qui a reçu le plus de recommandations sur ce sujet — six au total — et c’est également celui qui en a émis le plus, trois au total sur tous les cycles. L’Islande et le Costa Rica ont également émis trois recommandations chacun.
Mesures nationales
Le Royaume-Uni a modifié le Crime and Policing Bill afin de protéger les personnes dont les images intimes ont été diffusées en ligne, permettant aux victimes de signaler l’infraction jusqu’à trois ans après les faits.
En 2023, le Chili a modifié sa Politique nationale d’intelligence artificielle (2021) afin d’y inclure des mesures visant à promouvoir des environnements numériques exempts de violence.
Bien que ces avancées montrent que les États agissent à travers l’EPU, davantage peut encore être fait. Pour encourager un engagement renforcé sur la violence numérique à l’égard des femmes et des filles, UPR Info a mis en avant des recommandations passées qui traitaient spécifiquement de cette problématique, notamment l’élaboration de plans d’action nationaux, des réformes législatives pour combler les lacunes d’application, et des mesures ciblées pour les groupes de femmes particulièrement vulnérables, telles que les femmes en politique ou les défenseures des droits humains.
Enfin, UPR Info a partagé des orientations pratiques — s’appuyant sur des publications de l’ONU "Tracking Countries’ Efforts on Technology-Facilitated Violence against Women and Girls"- sur les types de mesures que les États peuvent inclure dans leurs recommandations afin d’aborder cette question de manière plus spécifique et plus efficace.
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