Comment les Fonds de contributions volontaires de l’EPU soutiennent les États
Lors de la 62e session du Conseil des droits de l’homme, le HCDH a présenté deux rapports sur les activités des Fonds de contributions volontaires de l’EPU : le Fonds de contributions volontaires pour la participation à l’Examen périodique universel et le Fonds de contributions volontaires pour l’assistance financière et technique à la mise en œuvre de l’EPU.
Lus ensemble, ces rapports montrent comment ces Fonds soutiennent les États tout au long du cycle de l’EPU : depuis la préparation des rapports nationaux et la participation aux examens à Genève jusqu’à la traduction des recommandations acceptées en actions concrètes au niveau national.
« Le Fonds s’est avéré essentiel pour traduire les recommandations en résultats tangibles, en fournissant un financement de démarrage pour des initiatives prioritaires dans différentes régions », a déclaré M. Mahamane Cissé-Gouro, Directeur de la Division du Conseil des droits de l’homme et des mécanismes conventionnels
Cela a été particulièrement visible en 2025, lorsque les deux Fonds ont soutenu les efforts d’engagement et de mise en œuvre dans toutes les régions, avec une attention continue portée aux pays les moins avancés et aux petits États insulaires en développement.
Favoriser une participation significative à l’EPU
Le Fonds de contributions volontaires pour la participation joue un rôle clé pour garantir que tous les États, y compris ceux qui disposent de ressources limitées ou qui n’ont pas de représentation permanente à Genève, puissent prendre part au processus de l’EPU. En 2025, le Fonds a soutenu la participation de 14 délégués de pays éligibles aux 48e, 49e et 50e sessions du Groupe de travail sur l’EPU, notamment des représentants de l’Angola, des Fidji, de la Gambie, de Madagascar, de la Grenade, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, de la République démocratique populaire lao, du Lesotho, de la Jamaïque, du Libéria, du Malawi, des Maldives et des Îles Marshall. Parmi ces délégués, 10 étaient des femmes et 4 des hommes. Depuis sa création, le Fonds a permis la participation de 276 délégués de 119 États, dont 71 pays les moins avancés ou petits États insulaires en développement.
Le Fonds apporte un soutien direct à la participation en personne. Ce soutien n’est pas seulement logistique. En couvrant les frais de voyage et l’indemnité journalière des délégations éligibles, le Fonds contribue à garantir que les États puissent présenter leurs rapports nationaux, expliquer leur contexte, dialoguer avec les autres États et s’approprier les recommandations qu’ils reçoivent.
Le Fonds soutient également les États avant l’examen, au niveau national. En 2025, les conseillers EPU et le personnel du HCDH ont appuyé les processus de préparation dans plusieurs pays, notamment en Eswatini, en Éthiopie, dans les États fédérés de Micronésie, à Kiribati, en République démocratique populaire lao, au Libéria, au Malawi, en Namibie, au Panama, au Paraguay, en République de Moldova, à Sao Tomé-et-Principe, aux Seychelles, aux Îles Salomon et au Tadjikistan. Au Libéria, par exemple, le soutien apporté au mécanisme national de mise en œuvre, de rapportage et de suivi a inclus des sessions de rédaction, des consultations avec les institutions gouvernementales, l’institution nationale des droits de l’homme, la société civile, la communauté diplomatique et l’équipe de pays des Nations Unies, ainsi qu’un atelier de validation. Ce processus a contribué à l’élaboration d’un rapport national plus structuré et fondé sur des données probantes, tout en renforçant l’appropriation nationale du processus.
Traduire les recommandations en actions concrètes
Le second rapport porte sur le Fonds de contributions volontaires pour l’assistance financière et technique à la mise en œuvre de l’EPU. En 2025, le Fonds et les conseillers EPU ont soutenu des activités en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Europe et en Asie centrale, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, en Afrique de l’Ouest, centrale, orientale et australe, ainsi qu’en Asie du Sud-Est. Le Fonds a reçu 34 propositions de projets et soutenu 30 initiatives, tandis qu’une assistance technique a été fournie à 27 États, d’autres pays ayant bénéficié de l’appui des conseillers régionaux et du personnel du programme de renforcement des capacités des organes conventionnels.
Vous trouverez ci-dessous trois exemples de projets mis en œuvre en 2025.
D’autres exemples tirés du rapport vont dans le même sens. Au Cabo Verde, le Fonds a soutenu les efforts visant à intégrer les droits économiques, sociaux et culturels dans la planification nationale du développement. Au Turkménistan, il a appuyé un processus participatif de révision législative aligné sur la Convention relative aux droits des personnes handicapées, contribuant à l’élaboration de recommandations de réforme et au développement d’un projet de stratégie nationale sur le handicap. Ensemble, ces initiatives montrent comment les recommandations de l’EPU peuvent constituer des points d’entrée pour des réformes législatives, le renforcement institutionnel et des politiques publiques plus inclusives.
Une demande croissante, mais un financement fragile
Les rapports soulignent également un défi majeur : la demande de soutien augmente, tandis que le financement reste limité et imprévisible. En 2025, le Fonds de contributions volontaires pour la participation a reçu 182 614 dollars des États-Unis de contributions provenant de six États. Ce montant représente une augmentation par rapport à 2024, mais reste inférieur à la moyenne annuelle des contributions reçues par le Fonds depuis sa création. Ses dépenses se sont élevées à 232 794 dollars, avec un solde de 561 447 dollars à la fin de l’année.
Le Fonds pour la mise en œuvre a reçu 503 726 dollars en 2025, y compris des contributions de huit États et de l’Organisation internationale de la Francophonie. Au cours de la même période, il a soutenu 30 initiatives, alloué 728 209 dollars et enregistré des dépenses de 579 363,42 dollars, laissant un solde d’un peu plus de 1,1 million de dollars à la fin de l’année. Le rapport indique que le HCDH a dû suivre de près les dépenses afin de préserver des réserves suffisantes.
Pour l’avenir, l’enjeu de la durabilité est clair. Les deux rapports soulignent également l’importance des conseillers EPU déployés dans les bureaux régionaux du HCDH en vertu de la résolution 51/30 du Conseil des droits de l’homme. Leur financement est actuellement prévu uniquement jusqu’à la fin du quatrième cycle de l’EPU, à la mi-2027.
Afin de préserver ces acquis, de répondre aux demandes croissantes d’assistance et d’éviter toute interruption du soutien à l’approche du cinquième cycle, un financement prévisible et durable sera essentiel.