02/03/2026

Comment les INDH francophones font la différence avec l'EPU

L'Association francophone des Commissions nationales des droits de l'Homme (AFCNDH) a publié un nouveau guide pratique, intitulé Examen périodique universel : Les bonnes pratiques des institutions nationales des droits de l'Homme francophones, qui souligne le rôle clé joué par les institutions nationales des droits de l'homme (INDH) francophones dans le cadre de l'Examen périodique universel (EPU).

S'appuyant sur des années d'expérience, cette publication présente des pratiques concrètes et reproductibles qui renforcent l'engagement des INDH avant, pendant et après l'examen. Fondamentalement, le guide recadre la participation à l'EPU non pas comme une exigence procédurale, mais comme un exercice institutionnel stratégique.

Elle montre comment les INDH peuvent faciliter des consultations nationales inclusives, sensibiliser aux engagements en matière de droits humains au niveau national et international, et contribuer directement à la mise en œuvre et au suivi des recommandations.

En août 2025, par exemple, la Commission nationale des droits de l'Homme et des libertés de l'Union des Comores a réussi à impliquer les maires et les cadis (magistrats musulmans exerçant des fonctions civiles, judiciaires et religieuses) dans le processus de l'EPU, en les encourageant à relayer les recommandations acceptées au sein des communautés locales. Cette initiative illustre comment la sensibilisation peut traduire les engagements internationaux en appropriation locale.

Cover page of the AFCNDH guide

Au cours des derniers cycles, plusieurs INDH francophones ont également contribué à la création ou au renforcement de coalitions nationales EPU avec la société civile, notamment la Commission béninoise des droits de l'Homme, la Commission nationale des droits de l'Homme de Maurice et la Commission consultative des droits de l'Homme du Grand-Duché de Luxembourg. Ces coalitions améliorent la coordination, amplifient la voix de la société civile et créent des espaces structurés pour le dialogue autour des rapports et du suivi.

Comme le souligne le rapport, l'engagement des INDH ne s'arrête pas à l'adoption des recommandations. La diffusion, la responsabilité et la mise en œuvre sont déterminantes. La Comissão Nacional dos Direitos Humanos e Cidadania de Cabo Verde, par exemple, traduit les recommandations en portugais, les publie sous forme de brochure et les diffuse à la radio et à la télévision, afin de garantir que les résultats de l'EPU atteignent un public plus large.

Comment UPR Info soutient-il ce travail dans la pratique ?

Plusieurs des bonnes pratiques présentées dans le rapport ont été accompagnées — et dans certains cas partiellement soutenues — par UPR Info dans le cadre d'une coopération technique à long terme.

Depuis 2017, UPR Info apporte une aide soutenue aux INDH, dont de nombreuses institutions francophones, par le biais d'activités de renforcement des capacités dans les pays et de conseils personnalisés. En Côte d'Ivoire, au Bénin et en République démocratique du Congo, cette coopération a contribué à renforcer l'engagement parlementaire, à améliorer la coordination avec la société civile et à mettre en place des mécanismes de suivi plus structurés.

Les pré-sessions d'UPR Info sont également devenues une plateforme de plaidoyer essentielle. Elles permettent aux INDH et aux organisations de la société civile d'informer les États membres de l'ONU avant l'examen et de mettre en évidence les préoccupations prioritaires en matière de droits humains. Les institutions de Côte d'Ivoire, de France, de République démocratique du Congo, des Comores et du Bénin utilisent régulièrement cet espace pour mener des actions de plaidoyer ciblées et contribuer à faire en sorte que leurs priorités soient reflétées dans les recommandations.

Grâce à sa plateforme e-hub, à ses possibilités d'échange entre pairs et à son soutien consultatif, UPR Info aide en outre les INDH à élaborer des stratégies pour leur engagement pendant la phase cruciale de mise en œuvre, notamment en République démocratique du Congo, au Cap-Vert et en Côte d'Ivoire, contribuant ainsi à transformer les recommandations en actions nationales concrètes.

Pour accéder au rapport complet, consultez la publication ici.