Le « U » en voie de disparition dans l'EPU : l'universalité est-elle menacée ?
Vendredi après-midi, la 50e session du Groupe de travail sur l'Examen périodique universel (EPU) s'est conclue plus tôt que prévu après que les États-Unis d'Amérique (USA) n'aient pas assisté à l'examen prévu de leur situation en matière de droits de l'homme.
L'EPU des États-Unis était prévu le vendredi 7 novembre à 14h30 (CET). Passé ce délai, le président du Conseil des droits de l'homme (CDH) a annoncé que la délégation américaine n'était pas présente, comme cela avait été communiqué dans une lettre envoyée fin août 2025. Malgré les efforts déployés par le CDH au cours des derniers mois pour encourager le pays à reconsidérer sa décision, Washington a maintenu sa position de ne pas participer.
À la suite de cette annonce, le président du Conseil a ouvert une réunion organisationnelle afin d'examiner le projet de décision concernant la non-coopération d'un État membre (A/HRC/OM19/L.1). Seuls Cuba, la Chine et Chypre ont pris la parole pour exprimer leur point de vue à la lumière du retrait des États-Unis. À l'issue de la réunion, le projet de décision a été adopté et l'examen a été reporté à la 53e session du Groupe de travail sur l'EPU, prévue en avril 2026.
Bien que cette décision n'ait pas été inattendue, elle soulève des questions quant à l'avenir de la participation universelle au processus de l'EPU, un mécanisme conçu pour promouvoir et protéger les droits humains dans tous les États membres de l'ONU.
Ce n'est pas la première fois que l'universalité du mécanisme est remise en question. Il y a eu dans le passé des cas isolés de désengagement partiel ou temporaire. Par exemple, Israël s'est initialement retiré de la coopération avec le CDH lors de son deuxième cycle, mais a repris son engagement l'année suivante. L'examen de l'Ukraine a été reporté à la fin du quatrième cycle à la demande du pays en 2022 en raison de « circonstances exceptionnelles actuelles ». Au cours du troisième cycle de l'EPU, le Myanmar n'a pas assisté à l'adoption de son rapport EPU par le CDH et n'a pas répondu aux recommandations. De même, en 2025, le Nicaragua a participé au dialogue interactif par le biais d'un message préenregistré, mais n'a pas encore indiqué s'il soutenait les recommandations qui lui avaient été faites.
Malgré la décision des États-Unis de ne pas participer au quatrième cycle de l'EPU, les organisations de la société civile sont restées actives, organisant des événements à Genève et aux États-Unis afin de sensibiliser la communauté internationale aux questions clés relatives aux droits humains.
Au-delà d'un mécanisme de surveillance international, l'EPU est également un processus national. Il permet aux acteurs nationaux d'attirer l'attention sur les questions relatives aux droits humains au niveau international environ tous les quatre ans et demi. Les recommandations formulées par d'autres États lors du groupe de travail de l'EPU sont ensuite transmises au niveau national pour suivi. L'engagement à respecter ces recommandations représente un engagement non seulement envers la communauté internationale, mais surtout envers les citoyens du pays concerné.