Les INDH francophones renforcent leur engagement dans l’EPU
Du 6 juillet au 13 août 2026, UPR Info, avec le soutien de l’Association francophone des commissions nationales des droits de l’Homme (AFCNDH), a organisé un programme de formation en ligne destiné aux Institutions nationales des droits humains (INDH) francophones souhaitant renforcer leur engagement dans l’Examen périodique universel (EPU).
Dispensé à travers l’e-Hub d’UPR Info, le programme a réuni 18 participant·e·s issu·e·s d’INDH francophones du Togo, du Cabo Verde, d’Algérie, du Niger, de Côte d’Ivoire, de République centrafricaine, d’Haïti et du Mali. Conçue pour être flexible et accessible, la formation a combiné des modules à suivre en autonomie, des ressources écrites et audiovisuelles, des exercices pratiques et des sessions interactives animées par UPR Info, avec le soutien de l’AFCNDH.
Un format pratique et flexible
À travers trois modules, les participant·e·s ont exploré le mécanisme de l’EPU et identifié des opportunités concrètes d’engagement avant, pendant et après l’examen. Une attention particulière a été accordée au rôle des INDH dans le suivi de l’évolution de la situation des droits humains et dans la contribution à leur mise en œuvre, à travers le plaidoyer national et international.
Le format en ligne a permis aux participant·e·s d’avancer à leur propre rythme, tout en créant des espaces d’échange. Les sessions interactives ont été menées de manière participative, les participant·e·s ayant modéré des discussions et partagé leurs expériences nationales.
Apprendre des expériences nationales
L’échange entre pairs a constitué un élément central du programme. À partir de leurs expériences nationales et des bonnes pratiques présentées dans la publication de l’AFCNDH, les participant·e·s ont identifié des pistes concrètes pour renforcer l’engagement des INDH tout au long du cycle de l’EPU.
Au cours du programme, des représentant·e·s de Côte d’Ivoire ont partagé l’expérience pratique du Conseil national des droits de l’homme dans son engagement avec l’EPU. Leur présentation a mis en avant plusieurs outils pouvant aider les INDH à renforcer leur rôle tout au long du cycle : la mise en place d’un groupe de travail interne sur l’EPU, la création d’espaces de plaidoyer conjoints avec la société civile, l’organisation de forums régionaux pour recueillir des informations, ainsi que la tenue de Pré-sessions nationales afin de relier les préoccupations de la société civile aux diplomates, aux agences des Nations Unies et aux partenaires internationaux. Ils et elles ont également souligné l’importance d’impliquer le Parlement, d’adresser des correspondances ciblées aux ministères concernés et de partager les défis liés à la mise en œuvre avec la société civile, la communauté diplomatique et les partenaires techniques et financiers.
Du côté du Cabo Verde, les participant·e·s ont présenté une matrice utilisée pour suivre la mise en œuvre des recommandations de l’EPU et soutenir les contributions au suivi national. Les échanges entre participant·e·s du Mali et du Niger ont également permis aux collègues de partager des défis, des conseils pratiques et des expériences issues de leurs institutions respectives.
Ces échanges ont mis en évidence le rôle pratique que les INDH peuvent jouer pour rendre les recommandations de l’EPU plus visibles, accessibles et utilisables. Ils ont également montré comment les INDH peuvent servir de passerelles entre les autorités étatiques, la société civile, les parlementaires, les médias, le monde universitaire et les mécanismes internationaux des droits humains.
« À l’issue de cette formation, je vais mettre en pratique les connaissances acquises en contribuant plus efficacement au processus de l’Examen périodique universel au sein de mon Institution nationale des droits humains », a déclaré un participant d’Haïti. « Je renforcerai notamment le suivi de la mise en œuvre des recommandations et la coordination avec les parties prenantes concernées. »
Un·e autre participant·e a souligné l’importance de renforcer les relations avec l’ensemble des parties prenantes de l’EPU, en particulier les organisations de la société civile, en raison de leur rôle dans le plaidoyer, la documentation des violations des droits humains et le suivi de la mise en œuvre des recommandations. Il ou elle a également mis en avant l’intérêt de collaborer plus étroitement avec le monde universitaire, les médias et les institutions publiques, à travers des activités de sensibilisation, de formation et des espaces de dialogue.
Et après ?
À la demande des participant·e·s, un groupe WhatsApp a été créé afin de maintenir les échanges entre les ancien·ne·s participant·e·s du programme INDH 2026. Comme l’a souligné un participant du Mali, le travail en faveur des droits humains est un « chantier en cours », et les collègues ont besoin d’espaces pour se soutenir mutuellement. Le groupe contribuera à renforcer la solidarité entre collègues d’INDH confronté·e·s à des défis similaires ou différents, et offrira un espace pour demander des conseils, partager des expériences et poursuivre l’apprentissage entre pairs entamé pendant le programme.
Alors que les participant·e·s reprennent leur travail quotidien, la prochaine étape consistera à traduire ces apprentissages dans la pratique institutionnelle : préparer des contributions plus solides, assurer un suivi plus efficace des recommandations, mobiliser un éventail plus large de parties prenantes et contribuer à faire en sorte que les recommandations de l’EPU conduisent à des améliorations concrètes dans la vie des personnes.