Renforcer la protection des droits des enfants au Paraguay
« Pour nous, l’EPU est à la fois une occasion de faire entendre nos voix et une opportunité de collaborer », Cynthia Florentin.
Cynthia Florentin, directrice exécutive de la Coordinadora por los Derechos de la Niñez y la Adolescencia (CDIA), un réseau composé de diverses organisations dédiées à la promotion et à la protection des droits des enfants et des adolescent·e·s en République du Paraguay.
Ayant débuté sa carrière comme psychologue clinicienne et sociale, Cynthia a toujours ressenti un fort intérêt pour le travail au service de sa communauté. C’est cet engagement qui l’a encouragée à analyser les effets des différentes conditions de vie et des politiques publiques sur les droits des communautés qui l’entourent, en particulier ceux des enfants et des adolescent·e·s.
En s’impliquant davantage dans ce domaine, elle s’est rendu compte de l’ampleur des défis auxquels elle et ses collègues seraient confronté·e·s pour améliorer les conditions de vie et les politiques en place pour les citoyen·ne·s paraguayen·ne·s.
Protection de l’enfance
En réfléchissant aux progrès récents concernant les droits des enfants et des adolescent·e·s au Paraguay, Cynthia souligne que des avancées significatives ont été réalisées dans le domaine réglementaire, notamment en matière de protection et de prévention de la violence à l’égard des enfants et des adolescent·e·s.
Malgré ces avancées, les données officielles continuent de montrer que des niveaux élevés d’abus sexuels envers les enfants et les adolescent·e·s persistent au Paraguay, ainsi que des taux alarmants d’unions précoces et de mariages d’enfants.
« Les programmes ou réglementations qui ont été mis à jour ces dernières années restent insuffisant·e·s et inefficaces pour répondre aux problèmes de violence contre les enfants et les adolescent·e·s », observe Cynthia.
Lors de l’Examen périodique universel du Paraguay en 2021, plusieurs États ont formulé des recommandations visant à renforcer la réponse du pays face aux abus sexuels et aux violences fondées sur le genre. L’Espagne a exhorté à améliorer les mesures de prévention et de prise en charge de la violence à l’égard des enfants et des adolescent·e·s, tandis que l’Italie a appelé à renforcer les cadres juridiques et réglementaires.
Ces recommandations ont mis en évidence la nécessité de renforcer les protections juridiques et les mécanismes de responsabilisation, contribuant ainsi à des réformes telles que l’alourdissement des peines pour les abus sexuels commis sur des mineur·e·s, ainsi que l’élargissement des lignes directrices en matière de prévention et des campagnes de sensibilisation menées par les institutions publiques.
Accès à l’éducation
L’éducation est un autre domaine où progrès et défis continuent de coexister.
Lors du troisième Examen périodique universel du Paraguay, plusieurs recommandations ont appelé à renforcer les mesures visant à réduire les inégalités affectant les populations marginalisées et à améliorer l’accès à l’éducation. Le Pérou a exhorté le Paraguay à promouvoir l’égalité des chances pour les enfants autochtones afin d’accéder à une éducation de qualité, tandis que la Serbie a appelé à améliorer les conditions d’éducation pour les enfants vivant en zones rurales.
Ces dernières années, le Paraguay a considérablement augmenté les taux de scolarisation, ce que Cynthia décrit comme une « étape importante » dans le secteur de l’éducation. Toutefois, la scolarisation reste faible parmi les enfants et les adolescent·e·s des communautés rurales et autochtones.
Malgré ces progrès, les recommandations du troisième cycle ne sont que partiellement mises en œuvre. Cynthia souligne que les taux d’exclusion scolaire parmi les enfants et les adolescent·e·s autochtones demeurent élevés, dépassant ceux observés dans le reste du pays.
Le rôle des OSC dans l’EPU
Malgré ces difficultés, la CDIA et ses organisations membres continuent de travailler à l’élaboration de programmes visant à sensibiliser à la prévention de la violence, à renforcer les mécanismes de protection communautaires et à promouvoir le développement éducatif, entre autres actions de plaidoyer en faveur des droits humains. Toutefois, Cynthia tient à souligner que le rôle de la société civile n’est pas de se substituer à l’État, mais de travailler à ses côtés.
« Nous sommes là pour soutenir le processus de mise en œuvre et de mise à jour, ainsi que le développement des politiques publiques », explique-t-elle.
Ainsi, l’une des priorités de la CDIA est de contribuer à faciliter le dialogue, à soutenir les processus politiques et à veiller à ce que les voix des citoyen·ne·s soient entendues et respectées dans la prise de décision.
Grâce à la participation du Paraguay à l’EPU, les OSC telles que la CDIA peuvent offrir aux États leurs propres perspectives indépendantes sur la situation des droits humains dans le pays, ce que Cynthia considère comme extrêmement précieux.
«Pour la société civile, l’EPU « est un moyen de faire entendre la voix des citoyen·ne·s et de soutenir le processus de mise en œuvre des politiques publiques ainsi que des recommandations ».
Looking ahead
En se tournant vers l’avenir, Cynthia estime qu’il est essentiel de maintenir et de renforcer les réseaux solides ainsi que la collaboration entre les organisations de la société civile, y compris celles composées d’enfants, d’adolescent·e·s et de jeunes.
En travaillant ensemble et en favorisant un dialogue ouvert avec l’État, des groupes tels que la CDIA espèrent continuer à promouvoir et à faire progresser la protection des droits des enfants et des adolescent·e·s au Paraguay.